Tintin au pilori

Publié le par Nectaire Tempion

Un marronnier

    La rentrée des classes occupe la une, mais ne suffit pas à couvrir toute la surface à imprimer. Mais un individu, dont c’est le fonds de commerce, mène avec de menus succès campagne contre « Tintin au Congo ». De quoi tartiner. D’ailleurs, que fais-je en ce moment ?

  Cet album est raciste, comme le prouve l’image où de bons noirs conduisent de méchants blancs en prison. Faut-il insister ? Nous sommes en face d’une imposture qui prospère depuis un demi-siècle. La vérité, c’est que le jeune Hergé, en 1931, a vécu sur les stéréotypes qui couraient les salles de rédaction. En 1946-47, il a colorié, et quelque peu modifié, ses albums, en vue de séduire le public français. C’est pourquoi, à l’école, une leçon d’arithmétique a remplacé la leçon de patriotisme belge.

   Hergé s’était montré plus personnel dans son premier album, «  Tintin chez les Soviets », dessiné après lecture de « Moscou sans voiles ». Il reprendra cette attitude à partir du « Lotus bleu ».

    Peut-être n’est-il pas inutile d’observer qu’un personnage beaucoup plus intéressant que l’actuel tintinophobe, puisqu’il s’agit de Senghor, avait avec ténacité, et une efficacité croissant avec la longueur de son bras, fait un contresens sur l’image Banania . Elle représentait un jeune tirailleur sénégalais humant avec délice un bol de chocolat fumant. Il s’agissait de vendre ce breuvage, donc d’inciter les enfants blancs (tout au moins les garçons) à le réclamer, en s’identifiant patriotiquement à ce jeune garçon noir en uniforme. Vachement raciste !

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