Un peu de littérature dans votre tasse de thé

Publié le par Nectaire Tempion

 

Un nuage de littérature, dans votre tasse de thé

 

Scène réaliste

Le vent sifflait dans la rue du quai. La marie-du-port était assise sur une bitte. Un passant lui proposa la botte :

- C'est  cent euros.

- Je n'en puis mettre que cinquante, car je suis RMIste.

- Pour les fauchés, c'est le self-service.

Le client éconduit s'éloigna. Mais un gamin rôdait alentour :

- Viens, chéri ! pour toi, ce sera gratuit, car je suis pédophile.

- Mon cul ! s'écria le garnement, car j'ai peur du sida.

Yapu d'enfants.

 

Le sort du con

J’aime le con qui sort le soir au son des boîtes.

(Madame de Genlis)

 

La fille dont le prince est un enfant

- Mes respects, petit prince, osa dire l'ancienne prostituée au garçonnet, si mignon dans sa djellaba, qu'elle mourait d'envie de le presser sur son ample poitrine, pour le dévorer de chastes baisers. Le commerce des hommes l'avait arrachée au besoin, mais ne l'avait pas fécondée.

- Bonjour, Madame. Les touristes sont les bienvenus dans le ksar que vous visitez. Les murs, en terre crue, exigent un entretien constant pour éviter qu'ils ne s'éboulent. La subvention de l'U.N.E.S.C.O. ne suffit pas à y faire face.

- Comme tu as l'air sérieux et triste, mon lapin, déplora la grosse pouffiasse.

- Je ne suis pas tombé d'un conte de fées. J'ai dix ans. Je suis orphelin, mon tuteur administre mes biens et surveille ma scolarité.

- Et qui est ton tuteur, s'enquit l'indiscrète ?

- Sa Majesté le roi, dont je suis vassal immédiat. Mais je ne suis pas prince, seulement chef de tribu.

Il passa son chemin. La retraitée des passes sentit son appareil photo qui bringuebalait entre ses seins. Elle n'avait pas eu la présence d'esprit de s'en servir. Elle mitrailla rageusement l'architecture. Soudain, elle éprouva une bouffée de chaleur. Insupportable. L'impression d'être une motte de beurre qui fond au soleil. Elle se réfugia dans l'autocar climatisé, dont la fraîcheur la soulagea.

Et elle contracta, à la fois, une angine et une bronchite. Quelle déveine, tout de même, d'attraper ça dans le sud-marocain, elle qui n'avait jamais eu le moindre rhume, quand elle faisait la chandelle à Anvers.

 Le temps passa. Ses mœurs étant depuis longtemps devenues irréprochables, elle fut admise à recueillir un bébé africain, rescapé du dernier génocide.

Elle ne prit plus jamais froid.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article