Mes antécédents sur la toile

Publié le par Nectaire Tempion

 

Comment suis-je devenu apprenti blogueur ?

 

J’ai songé un instant à ouvrir un blog intitulé Gloria victis, mais je suis convaincu que vae victis.

J’ai songé un instant à ouvrir un forum intitulé, fort traditionnellement:

                                       Les cénobites tranquilles

le forum de la pure vacuité.

Interpellation fondamentale : Qu’est-ce que Bouddha ?
 

Réponse : Un bâton à touiller la merde.
 

Vos commentaires sont les bienvenus.

Modérateur : le moine Citrouille anorexique.

Mais je me suis dit que j’avais passé l’âge de telles puérilités.

Je n’ai rien ouvert du tout.

 

Mais je n’étais pas guéri de mes velléités foraines. A titre expérimental, j’adressai un message à “L’Express”, sur un forum intitulé : “Fallait-il interdire le voile à l’école ?” C’était bref (moins quand même que le mot de Cambronne), en français, sans gros mot, citation, injure ni calomnie. Censuré. J’attribuai cet échec à la virulence du contenu. J’adressai un nouveau message, d’une ligne, de même contenu, mais cette fois sur le ton d’une cuistrerie pince-sans-rire, et sous le pseudonyme de Gégène, inoubliable appariteur à la fac de droit de Lille.

Titre : Contribution à la théorie du service public.

Texte : L’élève du service public en est-il créancier, ou bien, comme naguère le conscrit, débiteur ?

Publié. Fort de ce succès, j’entrepris de fourguer un texte d’une page. Toujours à “L’Express”, mais sur un autre forum, intitulé : “Faut-il revenir sur la loi de 1905 sur la laïcité ?” Mon propos était d’observer que la République forme un culte. Mais, par crainte du modérateur, je pris des précautions que, désormais, je tiens pour inutiles. Au lieu de donner un titre à mon chef d’œuvre (je n’écris rien d’autre), je répondis à celui d’autrui, libellé : “Ferry ou sauvons la République... Faisons semblant de nous souvenir”; pour pseudonyme, je pris : Michel de L’Hospital, dont la modération est dans toutes les mémoires ; enfin, je noyai le poisson dans des considérations accessoires, voire superfétatoires, quoique pertinentes (forcément : elles émanaient de moi). A nouveau, ça passa : le modérateur se borna à supprimer tous les points à la ligne. Ce texte, le voici :

 

Pas simples, les relations de César avec Dieu.

 

En 1563, les représentants de Catherine de Médicis soumirent au Concile de Trente des “articles de réformation” de l’Eglise, auxquels les légats du pape opposèrent un projet de “réformation des princes”. Qui souhaite que l’Eglise modère les princes est clérical ; qui préfère que l’Etat réglemente les cultes est anticlérical. Les anticléricaux ont gagné la partie depuis belle lurette. De nos jours, la puissance publique française est-elle

-persécutrice de certains cultes (la politique anti-sectes) ?

-associée à certains cultes (la concorde sans concordat et, en Alsace, avec) ?

- neutre avec bienveillance envers tous les cultes (comme aux Etats-Unis) ?

- indifférente aux cultes (hypothèse d’école) ?

- ou transcendante aux cultes ? Toute doctrine à vocation universelle transcende les doctrines concurrentes.

 

Formellement, on distingue deux formes de gouvernement : la royauté et la république. Mais la république établie en France est bien davantage. C’est la République (majuscule, s’il vous plaît), avec

- son dogme, la laïcité républicaine, dont les valeurs sont articles de foi;

- des cantiques : A bas la calotte, la Marseillaise, le Chant du départ; l’Internationale et le Chant des Partisans appartiennent à un autre ensemble, compatible toutefois avec la République ;

- des offices : le baptême républicain, le mariage civil, obligatoire avant la bénédiction nuptiale (tandis que le pacs, et c’est là que le bât blesse, n’est qu’une formalité), l’enterrement civil ;

- une grande fête religieuse, le 14 juillet : elle est née la divine révolution (le 11 novembre et le 8 mai ont une autre nature car ils commémorent, l’un, l’armistice de 1918, et l’autre, la capitulation du Troisième Reich ; or, les Poilus ne sont plus que quatre [décédés depuis], et, d’un autre côté, les ex-ennemis remplirent eux aussi leur devoir militaire, au prix de lourdes pertes ; on peut commémorer dignement un anniversaire (le bicentenaire de Trafalgar, par exemple) sans que le jour soit férié ; le 11 novembre pourrait cesser de l’être, tandis que le 9 novembre, anniversaire de la chute du mur, le deviendrait, ainsi que le 8 mai, dans toute l’Union européenne ; combinées, ces deux dates symboliseraient la victoire de la civilisation en Europe) ;

- un Panthéon ;

- et une communauté ésotérique, le Grand Orient.

 

Ainsi, la République présente les caractères d’un culte, en compétition avec deux autres cultes, le catholique, dans le passé, et le musulman depuis 1989. Si les moines ligueurs de la République parviennent à désislamiser la France, comme ils l’ont déchristianisée, s’en tiendront-ils là ? Sinon, à qui le tour? Aux juifs, peut-être, car les indices se multiplient. Un dreyfusisme de façade, aussi convenu que les voeux de bonne année, n’empêche pas la propagation d’un antisionisme de plus en plus difficile à distinguer d’un antisémitisme sans rien de rétrospectif ni de germanophobe.

 

Voilà. J’eus alors la curiosité de jeter un coup d’œil sur la production d’autres internautes, sur plusieurs supports, et le laxisme des modérateurs me sidéra. Certes, l’orthographe est une mandarine, mais, dans les cas les plus lamentables, il n’y a ni grammaire, ni phrases construites, ni même pensée cohérente : des vagissements. Les réactions aux blogues sont également, disons, inégales.

 

Je résolus de ne plus forer. Serment d’ivrogne. Je perpétrai des commentaires sur « Actualités du droit », puis sur  « Causeur », où un autre contributeur, venu de « Riposte laïque », me qualifia de « traître  à mon pays laïc » dans un accès d’islamophobie virulente. Les injures pleuvaient, sur « Causeur ». Je finis par laisser tomber.

Puis, pendant quelques mois, j’écrivis quelques mots ici et là, au hasard  des batailles. J’étais bien convaincu qu’un petit chez moi vaudrait mieux qu’un grand chez les autres, mais ma nullité en informatique m’a fait longuement hésiter avant d’ouvrir mon blogue. J’ai sauté le pas le mois dernier. J’écris dessus, mais tout reste à faire pour le rendre conforme à mes désirs.

 


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