A la niche !

Publié le par Nectaire Tempion

L’impôt est un prélèvement perçu par voie d’autorité et sans contrepartie. C’est dire qu’il est injuste par nature, et non juste ou injuste selon ses modalités. Mais les modalités peuvent aggraver cette injustice fondamentale. De ceux que je connais, le plus bête et méchant, quoique fort ancien, est l’impôt sur la mort. Le fisc profite d’un décès pour imposer, parfois spoliatoirement, la succession. Mais beaucoup de parlementaires sont pères de famille. Il en résulte que la loi fiscale regorge de niches bien connues des notaires, de sorte que les successions moyennes ou importantes rapportent peu, sauf si le de cujus, mort inopinément (accident d’avion, par exemple), n’avait pas préparé la sienne. En ce cas, le père Soupe a la joie de paupériser une famille.

Jèze, qui était libéral, ajoutait un élément à la définition ci-dessus : “pour couvrir les dépenses publiques”. Il partait d’un présupposé : “Il y a des dépenses publiques, il faut les couvrir”. Mais il faut d’abord créer la dépense publique, et pourquoi la crée-t-on ? Parfois pour justifier la création de l’impôt. Ainsi, la création du RMI a permis d’instituer l’ISF (Incitation à Sortir de France).

Le taux confiscatoire de l’impôt sur les successions, d’abord aux Etats-Unis, puis au Japon, a provoqué une ruée sur les fondations, qui permettent à la famille de conserver, sinon la propriété de la fortune, tout au moins son contrôle. Et comme il est plus amusant de réunir antiquités et oeuvres d’art que de pratiquer la bienfaisance, on a vu se multiplier les musées, dont les stocks proviennent, notamment, de grandes demeures britanniques, sinistrées par une politique de révolution par l’impôt. Au Royaume-Uni, la principale échappatoire s’appelle National Trust.

Osez dire que l’émigration-sanction n’est pas légitime ! 

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