Actualité courtelinesque

Publié le par Nectaire Tempion

Lisez, si m’en croyez, « Mes nuits blanches à Antony, devant l’administration de la honte », témoignage dû à Florian Julien. L’auteur, époux d’une japonaise à qui on a volé sa carte de séjour, décrit les mœurs des fonctionnaires subalternes, quoique pas sur le mode humoristique.

Monsieur Julien n’a pas confié son indignation à « F. Desouche », car Madame Julien n’est pas auvergnate : il a eu les honneurs de Pue, pardon, de « Rue 69 », non, je me trompe, de « Guillotine 93 », non, cette fois j’y suis, de « Rue 89 ». Un site de gauche, comme l’indique le gros numéro.

Madame Julien n’a pas acquis, par son mariage, la nationalité française, puisqu’elle a besoin, au Fa-kouo, d’une carte de séjour. Elle a préservé son statut de sujette du fils du Ciel du Soleil Levant. On la félicite et on l’envie. On conviendra que ce n’est pas Nafissatou Diallo ; ne parlons pas de Tristane Banon : on ne parle que trop de cette créature, qui n’a pas besoin d’une carte de séjour.

« Rue 89 » a donc pris parti pour un couple d’administrés contre des fonctionnaires subalternes. Que la femme soit étrangère n’y change rien : l’article décrit un moment de la lutte des classes entre oppresseurs et opprimés.

Un bon fonctionnaire est un fonctionnaire révoqué.

Le très bureaucratique « Rue 89 » me surprend, mais j’ai tort : on n’est jamais trahi que par les siens ; que dis-je, par les sous-chiens.

 

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