Cedant arma togae

Publié le par Nectaire Tempion

La discipline militaire

fait la principale force des civils.

 

A en croire des citoyens vigilants, voire suspicieux, les forces de l’ordre seraient enclines à s’écarter du devoir. Confucéen prudent, je n’invente rien, je transmets. Cette fâcheuse propension prendrait la forme de la bavure chez les flics (bavure policière : pléonasme), de la rébellion chez les militaires.

 Chez les militaires... Le général Boulanger n’a pas franchi le Rubicon. Depuis la loi Gouvion Saint-Cyr, ils n’ont bougé qu’avec, ou contre, De Gaulle. C’est étrange, car ils sont les mieux placés pour prendre et conserver le pouvoir, puisqu’ils détiennent les armes lourdes. Qu’ils s’en abstiennent, en France, où aucun gouvernant n’est recruté conformément à la coutume, si bien qu’il n’y a pas de raison, est un fait culturel majeur, qui s’explique historiquement. Il n’en va pas de même dans l’ancienne Amérique espagnole, théâtre d’innombrables pronunciamentos, car l’armée n’est pas monolithique :  le général Alcazar y renverse le général Tapioca. Un gouvernement militaire ne met pas fin à la politique, c’est-à-dire à la foire d’empoigne pour l’assiette au beurre. Dès lors qu’on ne s’incline plus devant la coutume, c’est chacun pour soi et que le pire l’emporte. Cela dit, le régime des amiraux, à Saïgon, ne fut pas si mauvais. Stevenson, qui finit ses jours aux îles Samoa après un périple en Océanie, avait bien meilleure opinion des officiers de la Royale que des fonctionnaires coloniaux français. Si j’avais à choisir entre une junte d’amiraux et une junte d’énarques, ce seraient les amiraux, sans un instant d’hésitation.

 

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