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Publié le par Nectaire Tempion

N’achetez pas « Dictionnaire de la contre-révolution », chez Perrin, 2011.

Ne le volez pas non plus. « Hara-kiri » , oui, ça, non.

Ce recueil compte environ deux cents courtes contributions, dues à une quarantaine d’auteurs, sous une direction dissuasive : celle du citoyen Jean-Clément Martin, qu’on se gardera de confondre avec Monsieur Xavier Martin.

Négateur (négationniste, c’est pour la shoah) du génocide des Vendéens, le citoyen obtint en Sorbonne la chaire canonique (c’est le terme consacré) d’histoire de la révolution française. En retraite, il a reçu l’éméritat. Que peut-il encore viser ? Pas l’Académie des Inscriptions et Belles-Letres, c’est pour les historiens. Alors ? L’Académie des Sciences Morales et Politiques ? L’Académie française ? Un portefeuille dans le prochain gouvernement de gauche ?

Quoi qu’il en soit, j’ai l’intention de faire ce que je vous déconseille : lire le tout, avec une méfiance de serpent, comme un juge d’instruction examine une pièce à conviction.

La bibliographie est sélective, donc destinée à orienter le lecteur, mais j’ai eu la surprise d’y trouver Guislain de Diesbach.

Le citoyen a mis la main à la pâte : outre l’introduction (22 pages sans grand intérêt), des articles du « Dictionnaire », que je ni comptés, ni déjà lus. J’en ai piqué un pour servir d’exemple :

 

« FERSEN, Axel, comte de

   (Stockholm, 1755-id, 1810)

 

Ce comte suédois, ami (soupçonné d’avoir été l’amant) de la reine Marie-Antoinette*, peut passer pour l’exemple même du contre-révolutionnaire. Il  est notamment l’organsateur de la fuite du couple royal le 20 juin 1791, avant de chercher constamment à faire sortir le roi et la reine de France jusqu’en 1793. Sa mort – il est lapidé par la foule à Stockholm en 1810 - confirmerait cette image. Pourtant son personnage est d’une complexité qui cadre mal avec l’imagerie qui en fait un contre-révolutionnaire sans nuances. Issue d’une famille attachée à l’autonomie de la noblesse vis-à-vis de Gustave III*, roi de Suède, il a participé glorieusement à la guerre d’Indépendance américaine, au point de recevoir la décoration américaine des Cincinnati récompensant l’élite européenne présente aux combats, ce qui mécontenta les rois de France et de Suède, qui en interdirent le port dans leurs royaumes. Par la suite il se rallia aux politiques absolutistes menées par ces deux souverains, se coupant ainsi des courants nobiliaires, sans obtenir pourtant le soutien des souverains prussien et autrichien dans sa guerre contre la Révolution. Fersen compte ainsi parmi ces grands acteurs de l’Histoire ballotés entre modernité, réforme et Révolution, inscrits, malgré eux, dans le camp de la Contre-Révolution faute d’avoir pu contrôler les conséquences de leurs actions .

                           Jean-Clément Martin         

Herman Lindqvist, Axel von Fersen, séducteur et aristocrate, Paris, Stock, 1995. »

 

Voilà. Mon exemple n’est pas perfide. Au lecteur de réagir. Je me bornerai à faire observer que sur une biographie de 22 lignes (dans le livre), près de quatre sont consacrées à l’Ordre de Cincinnatus. Mais il n’y a d’article ni sur cette distinction, ni sur George Washington, ni même sur John et Quincy Adams. Dans l’esprit du citoyen, la Contre-Révolution semble consubstantielle à l’échec politique.

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