Etat de nature

Publié le par Nectaire Tempion

Vers la fin du XVII° siècle, tel bourgeois londonien, attablé à la taverne devant une portion de roastbeef, qu’il faisait glisser à l’aide d’une pinte d’ale, exerçait sa raison, entre deux bouchées, sur le thème de l’homme à l’état de nature, animal qu’il n’avait jamais observé, même par introspection. Son chien, son chat, son cheval et sa belle-mère (un chameau, pourtant) n’étaient pas à l’état de nature non plus. Il n’était pas le premier, mais ses cogitations n’en connurent pas moins une fortune époustouflante.

Outre-Atlantique, le 6 septembre 1774 , le patriote Patrick Henry se serait exclamé, au conditionnel car ce n’est pas rapporté par le JCC (Journals of the Continental Congress, 1774-1789) :

-    Nous sommes à l’état de nature.

Perruque incluse.

« On dit quelque chose pour obtenir un certain résultat » (Goebbels). Le résultat est là, et même un peu là : les Etats-Unis.

Mais cet état de nature n’est sans doute plus celui des anthropologues contemporains.

 

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