"Faut-il rendre les œuvres d'art ?"

Publié le par Nectaire Tempion

A qui ?

La Raie publique, spoliatrice pour la seconde fois du « Portement de Croix », par Nicolas Tournier, devrait-elle le restituer aux Pénitents noirs, ou à Monsieur Mark Weiss ? En tout cas pas au Musée des Augustins de Toulouse, dont le conservateur n’est pas intéressé.

Le père Soupe doit-il « restituer » à Paul ce que Pierre a soustrait à Jacques ? Les anticolonialistes repondent oui.

Plus largement, les lieux sont-ils des dieux ? Les idolâtres répondent cent fois oui.

J’ai d’autres vues sur la conservation des objets anciens (le porain, je m’en fous).

Objectif prioritaire : éviter le musée.

Ce qui a été créé pour occuper un emplacement déterminé (par exemple la fameuse boiserie du château d’Abondant) doit rester in situ ; si c’est devenu techniquement impossible, il faut le conserver en collection privée, dans un paradis fiscal.

Les archives et portaits de famille doivent être conservés dans la famille, et celle-ci se réfugier dans un paradis fiscal.

Les autres objets méritent eux aussi d’être évacués vers un paradis fiscal (ainsi que la progéniture du propriétaire). Mais on les fera circuler le moins possible, car trois déménagements valent un incendie.

Les fouilles doivent être menées méthodiquement et faire l’objet d’un rapport exhaustif. Les débris sans autre intérêt que scientifique doivent être conservés dans un laboratoire universitaire. Une exposition, dotée un savant catalogue, fera longuement connaître à la république des curieux les artefacts dignes d’être collectionnés qui, ensuite, passeront en vente publique.

Je déconseille à mon lecteur l’ouvrage qui sert de titre à ce billet. Ce survol journalistique de 119 pages  ne lui apprendrait pas grand-chose et l’agacerait parfois. Qu’il relise plutôt « La loi », de Roger Vaillant. Qui fait la loi, voilà la question.

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