Honneur au mérite !

Publié le par Nectaire Tempion

 

« C’était pour nous chose risible que de voir un Chinois sans oreilles, qui se rassasiait à peine à sa faim de raves et de feuilles de moutarde en saumure, ne plus permettre, sitôt qu’il avait obtenu son bonnet, qu’on lui parle en particulier, mais seulement en public et aux heures d’audience, et exiger de ceux qui lui adressaient la parole qu’ils se tiennent agenouillés devant lui et l’adorent. Nous avons connu un misérable Chinois pendant les mois où il n’était pas encore mandarin, qui, lorsqu’il le fut devenu d’un tout petit village pauvre, fut un jour aperçu par un de mes compagnons  en train de donner l’ordre d’administrer plus de trente coups de bâton à des Chinois venus d’un autre village, simplement parce qu’ils s’étaient arrêtés et l’avaient regardé : ils n’avaient pas, disait-il, à le regarder ni à le fixer dans les yeux. »

(« Le voyage en Chine » d’Adriano de las Cortes s.j. (1625), traduction Pascale Girard et Juliette Monberg, Chandeigne, 2001, pp 198-199.)

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