La guirlande de Solange

Publié le par Nectaire Tempion

Jules, mon doux souci.

Le propos de « Clèves » n’est pas purement pédagogique. En ce roman, le progrès de la connaissance est porté par une intrigue, qui mérite quelque attention. Sous-jacent au plan tripartite annoncé sans vergogne par l’auteur, un autre, bipartite, la régit :

I – L’embarras des règles.

II – Le calvaire du pédophile amoureux.

Les règles sont celles de l’héroïne, pas celles de la composition. Pas question d’une dissertation à huit cuisses, comme aux concours mandarinaux. La première partie : un ours sur les ours. Je céderais volontiers la parole à qui sait faire parler le langage, feu Lacan par exemple, si empêtré  pourtant dans son propre discours. Il enviait la facilité de sa consœur Dolto. Freud avait associé le marteau (der Hammer) au pénis. Il n’avait pas exagéré car l’argot allemand est riche de 192 mots, dont celui-là, pour désigner le morceau du corps masculin qui intéresse le plus les dames, et les pédés.

Mais venons-en à la seconde partie.

Depuis l’âge des couches-culottes, notre jeune exploratrice de la sexualité vit plus ou moins, et de plus en plus, à la colle avec son amoureux. Pas son amant, car le sentiment du pauvre type n’est pas partagé par l’objet de sa flamme. L’ingénue libertine conduit au désespoir son pédophile domestique. Avec indifférence, car elle a jeté son dévolu sur un godelureau de bientôt 18 ans, qui a d’autres chas à fouetter. Elle jouit davantage avec le pédophile, mais dans ses rêveries d’écolière, la main dans la culotte, le godelureau joue le rôle avantageux du prince Charmant.

L’héroïne promet comme amoureuse et emmerdeuse. Quand elle sera devenue une grande fille, elle soutiendra un mémoire sur la carte du Tendre, puis une thèse sur la postérité des précieuses, de Madame Récamier à Emmanuelle Arsan.

 

 

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