Le gouvernement turc est nul

Publié le par Nectaire Tempion

Les élections approchent, donc les marchands d’orviétan caressent les arméniens, que j’écris sans majuscule, car le royaume d’Arménie a pris fin, et c’est grand dommage, il y a très longtemps. Il y a une liturgie arménienne (sublime), une diaspora arménienne, des familles princières de souche arménienne. Il y a un grand monsieur, Charles Aznavour. Mais il arbore la nationalité française.

Pas de majuscule. Je n’en mets pas non plus à juif et j’ai Littré pour moi. Mais au XIX° siècle, des souverains, notamment l’empereur et roi François-Joseph, ont anobli et titré plus d’un juif.

Un racisme anti-arménien sévissait déjà sous le sceptre d’Abdul Hamid II, qui, sous la pression des puissances, sauf l’Allemagne, avait interdit la poursuite d’un pogrome, non en tant que sultan, mais en tant que calife. Il fut renversé en 1909.

Pendant la première guerre mondiale, les arméniens ottomans eurent l’imprudence de souhaiter la victoire russe, donc ouvrirent un boulevard dans lequel le second gouvernement Jeune Turc (des admirateurs de Danton) s’engouffra. Ce qui s’ensuivit est un génocide. On fait observer à ceux qui en douteraient que Lemkin, qui élabora la notion, n’était pas un copain de Talaat pacha.

J’ai le droit, m’appuyant sur Lemkin, de qualifier ce massacre de génocide. Pas le Parlement. Ecrire l’histoire ne figure pas à l’article 34 de la Constitution. Les lois mémorielles sont donc inconstitutionnelles.

Et outrecuidantes.

Les rigolos qui légifèrent se proposent de frapper d’une sanction pénale la négation du génocide des arméniens. Ils sont compétents pour créer des infractions. Mais qui mettra au trou les citoyens Gül et Erdogan ?

Furibards, ces deux-là . Cet incident leur fournit pourtant une occasion en or. Faire voter par leur parlement un texte de ce genre :

Article premier : l’extermination des Vendéens sur l’ordre des autorités révolutionnaires françaises fut un génocide.

Article 2 : La négation de ce génocide est passible des peines prévues par le Code pénal français pour celui des Arméniens.

Quand la loi mémorielle passa, le gouvernement turc aboya, avec le conformisme le plus vil, contre le colonialisme français, alors que la dictature militaire ottomane en Alger fut bien pire que la présence française qui suivit.

L’outrecuidance de la Raie publique lui donne une nouvelle chance. Pourvu que cette fois la rétorsion turque enfonce le bon clou !

Commenter cet article