Le second arrêt Pinault

Publié le par Nectaire Tempion

Après avoir longuement décrit le bidouillage dans l’exposé du moyen invoqué par les époux Pinault, la Cour de cassation statue ainsi qu’il suit :

« Mais attendu qu’après avoir constaté que l’installation de la marqueterie incontestée Boulle sur ce meuble d’époque Louis XVI et l’estampille C.I. Dufour constituaient son originalité, la cour d’appel a estimé que les époux X... s’en étaient portés acquéreurs en considération de ces éléments, comme de la provenance du meuble issu de la collection Salomon B... ; que ces constatations et appréciations souveraines suffisent à justifier légalement la décision ; que le moyen n’est pas fondé ».

Effectivement, il s’agit d’une marqueterie à la manière de Boulle ; mais le meuble est-il d’époque Louis XVI ? Composé d’éléments anciens et d’autres du XIX° siècle, ce meuble fut-il vendu pour ce qu’il était, compte tenu de l’importance des éléments tardifs ? 

Faut-il croire que les acheteurs ne se sont pas déterminés selon le critère objectif et habituel de l’authenticité, mais en fonction de considérations qui leur étaient propres : une estampille Dufour, de la marqueterie à la manière de Boulle, et une provenance baronne Salomon de Rothschild ? Qu’ainsi, en levant le doigt, ils n’étaient pas aveuglés par l’erreur ?

Il y a quand même, quant à la psychologie des acheteurs, une forte différence entre le cas présent et celui de cet enchérisseur qui avait acquis un portrait  de Charles de Verninac par Delacroix, parce qu’il croyait, erronément, que c’était le portrait accroché au-dessus du lit du maître, lorsqu’il mourut.

Les époux Pinault ne sont pas connaisseurs. Tout fiers de leur table, ils virent certains de leurs amis prendre un air gêné. Ils commandèrent alors une expertise approfondie, dont le rapport fut accablant. Ce fut une désillusion.

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