Libre entreprise

Publié le par Nectaire Tempion

 

Un pirate bat son propre pavillon. Il peut avoir un agent à Manille, chargé de négocier avec les armateurs, ou leurs assureurs, mais n’est, officiellement, protégé par personne. A la bonne époque, s’il se faisait prendre, il était pendu sans autre forme de procès, de préférence à la grande vergue. « Et si un pirate peut être, pour un vrai libéral, l’objet d’un respect relatif, un contrebandier doit assurément s’assurer les plus vives sympathies du grand parti libéral, étant donné son aversion pour les tarifs douaniers et les taxes à l’importation. Les anciens contrebandiers étaient bel et bien appelés Libres-échangistes. Et il y a, maintenant encore, pas mal de libre-échangistes qui feraient beaucoup mieux, moralement, de devenir contrebandiers. »

Bel hommage du grand Chesterton aux tarifs douaniers et aux taxes à l’importation. En effet, si elles n’existaient pas, il serait impossible de les frauder. Des vocations de délinquants ne s’épanouiraient pas.

Le corsaire, était, lui, couvert par une lettre de marque, qui le dispensait de la corde, selon le bon vieux droit de la mer. Georges Blond a raconté qu’un flibustier analphabète écuma sereinement les mers, se croyant protégé par un document émis par un fonctionnaire danois, et l’autorisant à chasser les chèvres.

Le corsaire était concessionnaire de service public, et devait à l’Etat concédant un pourcentage de ses rapines. Les corsaires français trichaient, paraît-il, sur la part de l’Etat. J’en suis profondément choqué, moralement.

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