Non au cinéma pseudo-judiciaire

Publié le par Nectaire Tempion

Ayez le courage de faire empaler votre ennemi vaincu, sans autre forme de procès !

Ou, si vous préférez, faites-le pendre séance tenante à la grande vergue, comme un pirate.

La justice n’est pas un décor : en la détournant de son rôle, à des fins idéologiques, diplomatiques ou militaires, bref, à une vengeance politicienne, vous en souillez la majesté. Circonstance aggravante : si le tribunal ad hoc que vous avez créé pour flétrir votre ennemi vaincu ne rend pas de sentences de mort, vous joignez le ridicule à l’hypocrisie.

Entendons-nous bien : il n’est pire crime que d’être vaincu. Mais dites vous bien que si la fortune des armes lui avait été propice, le vaincu, ce serait vous. Je ne vous demande pas pour autant d’avoir la victoire chevaleresque, mais de ne pas confondre un potentat déchu, fût-il dénué de légitimité (cas de la plupart des potentats, à commencer par vous), et un simple particulier qui, lui, est justiciable : le voyou qui a estourbi une bouchère, avant de s’enfuir avec la caisse, est passible des Assises ; votre ennemi vaincu se situe à un autre niveau, même s’il a fait pis que pendre. D’ailleurs, vous vous servez de ses forfaits comme d’un argument contre lui : votre ennemi vaincu s’est vautré, dites-vous, et c'est vrai, dans le génocide. Vous n’êtes pas un enfant de choeur non plus, mais vous, vous êtes vainqueur. 

Réglez vos comptes entre hommes !

Ou, à l’extrême rigueur, entre diplomates. Ainsi, un article du traité de Versailles a fait de Guillaume II l’auteur responsable de la Grande Guerre. Les plénipotentiaires allemands ont signé ça, sans l’intervention d’aucun tribunal.

En réalité, Guillaume II ne fut pas le plus boute-feu. En revanche, il fut l’un des vaincus.

Vainquez !

 

 

 

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