Où je me vautre dans l'impiété

Publié le par Nectaire Tempion

L’Etat est au fonctionnaire ce que la marmite du régiment était aux janissaires.

Le père Soupe a une conception évergétique de l’impôt : c’est une offrande, faite par les laïcs (pas les laïques, les laïcs) au dieu dont il est le servant, puisqu’il s’en sert. Il se repaît des viandes sacrifiées. Derrière l’autel, il joue le rôle du coquin de Diderot.

Il prendrait volontiers à son compte un mot qui ne coûta rien à son auteur : « on n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné ». La piété exige que, jusqu’au dernier fifrelin, on majore les impôts existants et qu’on en crée de nouveaux. Tant pis si le peuple murmure, tant pis si les populistes l’agitent. C’est son devoir de payer. On ne louangera jamais assez le dieu.

En don de joyeux avènement, l’usurpateur en exercice tint quitte le peuple d’un paquet fiscal, à vrai dire pas très gras. Notamment, les successions importantes ne furent pas exonérées. Ce fut, néanmoins, une régression fiscale, donc une impiété majeure qui rendit le titulaire de la magistrature suprême, qu’on qualifiera de tyran, à jamais indigne du pouvoir qu’il exerce.

Je ne reconnais pas la divinité de César.

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