Pas melon, mou

Publié le par Nectaire Tempion

« Si notre civilisation a quoi que ce soit à donner aux autres populations de la planète, ce doit sûrement être de leur apporter des idées d’homme et non pas simplement de leur vendre des pantalons, des chaussures et des chapeaux melon. En tout cas, nous avons souffert d’avoir incité les Chinois à changer de chapeau sans avoir au moins changé de tête.

…nous nous sommes moqués d’eux parce qu’ils portaient leur propre costume, puis moqués d’eux parce qu’ils portaient le nôtre… »

Chesterton, bien entendu. Pas Pierre Louys, dont le roi Pausole préférait une couronne en aluminium doré au haut de forme de son cousin le roi de Grèce.

Car c’est le chapeau qui importe. Ne couvre-t-il pas le chef ?

Tandis que le chapeau melon, accompagné d’un parapluie et du « Times » sous le bras, faisait florès dans la City, le chapeau mou, en Chine, au temps de Chesterton, désignait à l’admiration publique la cervelle, juvénile mais génialement progressiste, qu’il ombrageait. Un status symbol, dirait un Flamand.

 

Et en Turquie, s’inquiéte Monsieur Jourdain ? Depuis que le général Kémal, autoproclamé père des Turcs, a proscrit, avec sanction pénale à la clef, les coiffures conformes au Coran, le chapeau mou est de rigueur pour les mamamouchis. Mais la laïcité à la turque, comme les…vous m’entendez, se perd. Les militaires, ses gardiens, ne portent toutefois pas le chapeau mou avec  l’uniforme, mais une casquette (à visière, c’est contraire au Coran, donc en règle).

Où est le temps des énormes turbans ? Le fès était déjà une concession à la modernité. Mais pas inélégant, surtout avec une précieuse aigrette.

 

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