Quel ennui !

Publié le par Nectaire Tempion

 

Je suis jeune. Raisonnablement. Quand je l’étais outrancièrement, j’avais scrupule à ne pas lire un texte jusqu’au bout, car cela me semblait déloyal envers l’auteur. Un roman d’Emile Henriot, « Aricie Brun », m’avait conforté dans cette attitude. En son introduction, l’auteur adjurait son lecteur de se cramponner à la table, car, promettait-il, cela devenait moins emmerdant sur la fin. Ce qui était vrai.

J’ai parfois quand même capitulé. Je n’ai jamais fini « Das Kapital » ni « Mein Kampf ». Pourtant, dans le second cas, le texte avait été traduit, sans l’autorisation de l’auteur, par des germanophobes désireux de mettre en garde les Français . Malgré cette intention dénonciatrice, c’était si long, si chiant, si plébéien que cela m’est tombé des mains.

Je reste jeune, avec modération, et désormais je considère qu’abandonner une lecture est un jugement littéraire.

 

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danielgr 31/01/2011 12:14


elle est pas mal celle là !