Sois la bienvenue, ô sainte Touche!

Publié le par Nectaire Tempion

 

 Le maître a dit : dans un pays régi comme il faut, on peut accepter des émoluments ; sinon, c'est une honte.

Sans doute, mais ça soulage le porte-monnaie, organe le plus sensible du corps humain.

Manger n'est certes pas un objectif aristocratique mais j'ai faim. Et l'os que je dédaignerais serait immédiatement rongé par un autre affamé.

Et puis, rester inemployé, comme une gourde amère immangeable, tout juste bonne à être suspendue dans un coin, ferait injure, non seulement à ma soif de servir, mais encore, et surtout, au bien commun.

Qu'on me nomme premier ministre, et dans un an, tout ira mieux. Dans trois, j'aurai réussi.

Qui ça, on ?

De n'importe quel potentat, je peux faire un Tchéou oriental :

Le bon roi remet au bon conseiller la charge des affaires et le peuple retrouve l'âge d'or de Yao et de Chouen.

Je désapprouve l'usurpation. Mais me dérober à cette tâche, sous prétexte que le chef de l'Etat n'est qu'un rebelle heureux, procéderait d'un légitimisme sans discernement. S'il fait appel à moi, cela prouve sa bonne volonté. Et le bien que je ferai le rendra légitime.

Qu'on se le dise !

 

Cela dit, je recommande aux autres une austère pauvreté :

L’impécuniosité ne déroge pas.

La gueule ouverte, mais la tête haute.

 

 

 

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