Une argenterie sublime
La collection Jourdan-Barry, vendue hier chez Sotheby's à Paris. Le muséolâtre Rykner en a dit : ” Il faut espérer que quelques musées français pourront enrichir leurs collections avec l'un ou l'autre de ces objets." Pour la même raison qu'il l'espère, je le redoute, car, moi, j'aime les belles choses, même si je ne peux pas me les ofrrir.
Les collectionneurs d'étiquettes de camenbert et de bagues de cigare ont une dilection modeste, mais ne font de mal à personne. Leur nuire ne serait pas bien. Toutefois, à l'extrême rigueur, j'admets la part du feu. En revanche, toucher à çà est une profanation. Dans une société policée, même en faisant la part du Diable (le père Soupe incarne Satan), les cadres de vie et les modes de vie civilisés doivent être amoureusement préservés contre leurs prédateurs, et non pas ordonnés à des carrières bureaucratiques. Le musée public est à l'objet précieux ce que le serpent est à la grenouille. Toutefois, ni la vipère, ni le crotale, ne sont mus par une stratégie d'avancement; ils avalent et digèrent, c'est tout.
Le musée public. Il en est de privés, notamment sous la forme de fondations, dont l'intérêt fiscal n'échappe à personne. C'est mieux, car ces établissements recyclent périodiquement leurs stocks. Dans l'intervalle, aux Etat-Unis par exemple, ils les font concourir à des modes de vie, dans le public, avec moins d'œuvres en magasin.